FRANCE ECOLOGIE

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EDITO

Isabelle JACONO
Présidente de France Ecologie

Depuis plus de 25 ans, les relations entre les écologistes et le monde économique ont évolué de la méfiance (voire hostilité des débuts) à une phase de débat ouvert dans un contexte qui a  vu aussi le développement de filières économiques performantes liées à l’écologie.

 Pourtant, persistent encore des préjugés à l’ encontre de l’écologie, toujours vue par certains comme une menace pour le développement économique.

 Il faut reconnaître que les deux grands ennemis de l'écologie  ont été trop souvent le déni ou le   catastrophisme .

Aujourd'hui, la crise aura au moins eu la vertu de  relancer le débat sur la définition même du développement et du progrès en matière économique, et ainsi  de pointer les effets pervers de bon nombre de mécanismes économiques actuels, ou montrer toute la diversité des initiatives et filières de « l’économie verte » .

France Ecologie n'a jamais été convaincue que le libre-marché pouvait  accoucher naturellement et sans régulation externe, d’une société solidaire, respectueuse de l’environnement et génératrice de nouveaux emplois de qualité.

Les constats que l’on peut actuellement tirer de l’observation de ces dernières crises engendrées par une économie mondiale globalisée et libéralisée, dont l’objectif principal consiste à maximiser le taux de profit, nous confortent dans cette analyse.

Jamais, les impasses du système actuel n’ont en effet été aussi criantes : fracture sociale dans les nations riches et dénuement total dans les pays les moins favorisés, tensions internationales, crises financières à répétition et d’ampleur toujours plus grande, dérèglements climatiques, pollutions en tous genres, épuisement des ressources......

C'est pourquoi il devient urgent de passer d’une économie de marché à une économie de projets , des projets qui placeront la France sur la voie d’un développement durable. Notre volonté est ainsi de construire une alternative pragmatique et crédible au mode de croissance actuel. Dans cette optique, nous affirmons que l’écologie est une nécessité pour l’économie .

Le développement durable n’est pas une contrainte nouvelle pour les entreprises, mais une opportunité pour l’activité et pour l’emploi, et un impératif pour éviter demain, des coûts bien plus élevés.

Le développement durable n’est pas non plus une contrainte pour les consommateurs mais une source d’économies et une source de bien-être améliorant  l’état de notre environnement et donc de notre santé.

La crise économique globale démontre aujourd’hui , que l’Etat - dont le rôle a été réduit depuis plusieurs années - a une responsabilité essentielle à exercer comme acteur de marché, stimulateur et régulateur. Il s’agit donc pour nous, d’orienter le marché et si nécessaire  de l ’encadrer plutôt que de subir ses diktats. Nous refusons donc que l’économique s’installe au-dessus ou à la place du politique.

Le développement économique, même dans une économie globalisée, doit se retrouver dans le champ du débat politique car, c’est à la société tout entière de forger un destin valable pour tous et d’être au service du développement durable et du bien être de la société.

 

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Laurianne d'Este
Vice -présidente de France Ecologie
 

La fin annoncée d'Home sapiens sapiens
Ed Ellebore-Sang de la Terre
Coll. La pensée Ecologique
 
     
 C’est un véritable cri d’alarme que nous lance Lauriane d’Este en établissant un état des lieux des désastres écologiques occasionnés par notre civilisation.
Le constat est sévère et il demande des solutions radicales : il s’agit d’un nécessaire et indispensable changement de société. C’est une vraie révolution de nos moeurs, de nos idées, de nos pensées, de nos attitudes qui nous est proposée et c’est seulement à ce prix que nous réussirons à nous sauver.
À une époque où les thèmes écologiques sont mis en avant, cette prise de conscience salutaire nous permet d’avoir une vision claire de notre avenir. Loin d’être pessimiste, cet ouvrage est avant tout lucide et ne peut que nous inciter à réagir et à devenir acteur de notre avenir, c’est en cela qu’il nous paraît encore plus indispensable.


LAURIANE D’ESTE
Professeur des universités, agrégée, docteur ès lettres, habilitée à la direction de la recherche, elle a enseigné en France et aux États-Unis. Elle est l’auteur de nombreux articles et ouvrages dans le domaine de l’art et de la philosophie de l’art. Engagée depuis longtemps dans le combat associatif, elle est vice-présidente de FRANCE ECOLOGIE et également administratrice de la Société nationale de protection de la nature (SNPN). Elle a été pendant six ans vice-présidente de la Société protectrice des animaux (SPA),

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Laurianne d'Este
Vice -présidente de France Ecologie
 

Professeur des universités, agrégée, Docteur ès lettres, elle a enseigné en France et aux Etats Unis. Elle est l'auteur de nombreux articles  et ouvrages. Engagée dans le combat associatif, elle est aujourd'hui vice-présidente de FRANCE ECOLOGIE et de la SPA, elle est également administrateur de la SNPN ( Société Nationale de Protection de la Naure). Lauriane d'Este milite pour la défense de la nature et de la biodiversité ainsi que pour la défense des animaux. Elle a publié en 2002 La pPlanète Hypothéquée aux Editions de l'Harmattan.

La Condition Animale
Plaidoyer pour un statut de l'animal
Ed Sang de la Terre
Coll. La pensée Ecologique

juin 2006


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FRANCE ECOLOGIE - PACA
Premier colloque national grand public de santé environnementale liée à la mer
Lauréat
 " coup de coeur " de la Fondation Nicolas Hulot
 

Colloque “mer, environnement et santé” à Cassis  


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Dominique Julien Labruyère
Vice président de France Ecologie

Dominique Julien Labruyere fréquente la haute vallée de Chevreuse depuis sa plus tendre enfance.
Soucieux de la protéger il participe aux premiers combats pour éviter qu'elle ne se transforme en une banlieue urbaine. Il est l'un des principaux artisaans de la création du Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse.
Conseiller régional écologiste en 1992, il aida à la création de deux autres Parcs naturels régionaux en  Ile de France, le Vexin et le Gâtinais
Il nous livre sa vision, sous forme romancée, de l'histoire de la protection de la Haute Vallée de Chevreuse  Au delà de l'histoire  proprement dite, il nous entraine dans une réflexion plus large sur la protection des espaces naturels aux portes de la capitale.
Actuellement, il poursuit son action pour une meilleure prise en compte de l'écologie  au sein du mon de politique comme Président délégué de France Ecologie.

Vertcoeur
Ed Chemin de Trave


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FRANCE ECOLOGIE - Pays de Loire
le 6 mai 2006: colloque "emploi - environnement

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FRANCE ECOLOGIE - Poitou Charente
Le 11 mars 2006  - Colloque Energies renouvelable

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 13:50

Le nouveau marché des agrocarburants ne doit pas devenir un piège pour les agriculteurs : France Ecologie souhaite une surveillance environnementale particulière des agrocarburants
Dans un premier temps, le développement de cette filière a un impact positif pour les agriculteurs français en élargissant les possibilités de débouchés de leur production, en relevant quelque peu les prix des matières premières agricoles et en créant des emplois dans les installations de transformation .

Toutefois, l’absence totale de balises environnementales pour les cultures énergétiques pourrait rapidement mener à un désastre social et écologique de grande ampleur, tout particulièrement dans les pays les plus pauvres. La dégradation forte de l’environnement et de la biodiversité à cause des cultures énergétiques destinées à alimenter nos voitures très consommatrices (culture pour huile de palme à la place des forêts primaires en Indonésie par exemple) est déjà une réalité dans certains pays. De plus, des troubles sociaux sont récemment apparus dans les régions les plus pauvres du Mexique à cause de l’augmentation de 40 à 100% du prix de la tortilla qui rend le maïs inabordable pour l’alimentation de ces populations locales. Le risque d’une intensification encore plus grande des cultures et le recours à des cultures OGM est aussi à craindre.
France Ecologie  tient donc à rappeler que le rôle premier de l’agriculture est avant toute autre chose de nourrir les populations locales et que les cultures énergétiques ne peuvent se faire au détriment de cette mission essentielle. Il est donc indispensable que le développement des agrocarburants soit encadré de règles environnementales et sociales précises et transparentes pour éviter les dérives qui apparaissent déjà, alors même que l’on n’utilise encore que très peu de carburants renouvelables à ce jour. France Ecologie  plaide également pour le soutien à la recherche développement des carburants renouvelables de la seconde génération, plus efficients et moins dépendants des cultures énergétiques que les agrocarburants actuels.

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 12:18

A l’ initiative de France Ecologie,  déterminée à promouvoir un véritable débat sur les OGM , et sollicitée par les associations et ONG impliquées dans cette réflexion, une réunion de concertation et de travail sur le thème des OGM et plus particulièrement sur la mise en place d'un  moratoire, s’est tenue à l’Elysée avec Raphaël ALOMAR,  Conseiller à l' Agriculture et la ruralité, et Bruno BENSASSON, Conseiller pour l'environnement, les transports, et l'industrie auprès du Président de la République .

Avec Isabelle JACONO, présidente de France Ecologie, étaient présents  Guy Kastler Nature et Progrès  et Pdt de Semences Paysannes, Arnaud Apotheker Greenpeace, Olivier Keller  Secrétaire national   de la Confédération paysanne, Bertrand Bergès Coordination rurale, Pdt de Bio Aquitaine, Frederic Jacquemart FNE et CGB, Gerard Liepskind  InfoOGM

A la suite des propos exprimant les craintes et les questions soulevées par la reconduction éventuelle du moratoire concernant la mise en culture du maïs OGM Mon 810 , les deux conseillers ont confirmé que le texte du projet de loi répondait à toutes ces préoccupations fondamentales comme la coexistence des cultures, la responsabilité sous ses différents aspects....
Néanmoins, a été réaffirmée par Guy kastler - porte parole des présents - les diverses inquiétudes posées par le maïs transgénique MON 863, autorisé pour l'alimentation animale et humaine, pouvanr présenter de sérieux risques pour la santé humaine( étude scientifique publiée dans la revue Archives of Environmental Contamination and Toxicology du 13 mars ).  Par ailleurs, GK a démontré à nouveau tout l'intérêt économique de voir perdurer une agriculture de qualité française, dans un environnement mondial qui le permettra de moins en moins. Bertrand Bergès a évoqué  également les inquiétudes des agriculteurs "bio".

La mise en place d'un moratoire a donc été à nouveau sollicitée. Les deux conseillers du Président ont pris note de tous ces points, qu'ils transmettront au Président de la République.

 

 

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 08:27

Bon début d'année : enfin une loi sur l'eau !!

Après huit années de débats l’adoption d'une loi sur l’eau et les milieux aquatiques,  a ete publiée au JO du 31 dec 2006 ici

Bonnes nouvelles 
dans le dossier difficile des économies d'énergie dans le logement

1. Création des labels HPE et THPE, encore plus ambitieux que les précédents par rapport à la RT, et préparation d'un label type "PassivHaus"...plus d'infos ici

2. La mesure relative a l'intégration d'une quantité de bois minimale dans la construction, mesure attendue depuis 10 ans (loi LURE de 96) et mise en sommeil entre 1997 et 2002, a été réactivée et est en vigueur depuis le 1er juin 2006

Installations classées: du nouveau ...et du bon !

- les 670 établissements " SEVESO seuil haut " (à hauts risques)  tous inspectés par l'inspection des installations classées :  170 établissements obligés à mettre en place en 2005, à la demande de l’inspection, des programmes d’amélioration de la sécurité
- opération " coup de poing " réalisée en juin et juillet 2005 par l'inspection dans 135 dépôts de produits pyrotechniques (notamment feux d'artifice) : plusieurs faiblesses révélées en matière de sécurité (46 PV dressés)
- Dans le cadre du plan de lutte contre la légionellose, l'inspection a identifié 13 500 tours aéro-réfrigérantes dans 7 500 installations de refroidissement qui ont donné lieu à environ 2 000 inspections : différentes mesures prises
plus d'infos ici et ici

Effet de serre : le Facteur 4 rend sa copie ...

Le groupe de travail sur le thème de la " Division par quatre des émissions de gaz à effet de serre de la France à l'horizon 2050 ", objectif inscrit dans le Plan climat et dans la loi de programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique rend sa copie et ses recommandations.
Plus d'infos sur www.industrie.gouv.fr/energie/facteur4.htm

La commission , Natura 2000 et la France !

le 3 juillet la Commission européenne engage de nouvelles procédures d'infraction au droit communautaire de l'environnement. Elle annonce qu'elle lance des procédures contentieuses à l'encontre de treize Etats membres pour violation de la directive " Oiseaux ", et contre huit autres Etats membres pour mise en œuvre insuffisante de la directive " Habitats "
Non seulement la France ne figure pas dans cette liste mais, au contraire, le communiqué souligne les efforts français pour proposer ou élargir les sites protégés au titre des directives suscitées

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 15:29
Isabelle JACONO
Présidente

a le plaisir de vous  inviter

le jeudi 15 février 2007, à 17 Heures
au Cercle de la Mer
bateau ancré Port de Suffren,  quai sous la Tour Eiffel
Nelly OLIN
Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable

en toute vérité
                -  Bilan de dix-huit mois d'actions au sein du Gouvernement
                -  Demain ?
  
R S V P :
France Ecologie
Tel / fax : 01 46 26 41 97
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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 13:09

Une réunion de travail sur la gestion des déchets s’est tenue à l’Elysée le 21 septembre, sur l’initiative de FRANCE-ECOLOGIE, avec Stéphane DUPRE la TOUR, Conseiller industrie, environnement et transports auprès du Président de la République. Cette réunion avait pour but de dresser un bilan des mesures et pratiques actuelles en matière de déchets ménagers, des défis à relever en matière de prévention et des nouvelles orientations/actualisations proposées par la directive cadre européenne.

Avec Isabelle JACONO, présidente de FRANCE-ECOLOGIE, et Dominique JULIEN LABRUYERE président délégué de FRANCE-ECOLOGIE,  étaient présents Philippe BODARD conseiller général, vice-président de la CA d’Angers, administrateur au Conseil National des Déchets, Bruno GENTY en charge du dossier à France Nature Environnement, Jean CAMBILLARD en charge du dossier à Que Choisir, Florence COURAUD directrice du CNIID, Frédéric JACQUEMARD de la FRAPNA, Bernard HERODIN directeur d’ECO EMBALLAGES, Jean-Marc VAN DE KERKHOVE directeur SITA Ile de France, et Claude CHAMPREDON directeur de recherche à l’INRA, délégué (déchets) FRANCE-ECOLOGIE.

Les principaux points évoqués ont été :

- Les volontés individuelles et collectives actrices dans la minimisation des déchets résiduels ménagers

L'exemple de la Belgique permet de comprendre combien les volontés individuelles et collectives peuvent être conjointement déterminantes pour favoriser la minimisation des déchets résiduels ménagers, même si ces actions ne coïncident pas toujours pour l'instant avec la logique de fabrication industrielle.

- Le citoyen au cœur de la problématique des déchets, transparence et démarche participative

Les participants ont évoqué à de nombreuses reprises l’exemple du succès de la réduction du nombre de sacs de caisse afin de bien démontrer que le citoyen était capable d’actions éco-citoyennes lorsqu’il y était incité. En effet, sous l’impulsion de la Loi d’Orientation Agricole 2006 visant à interdire les sacs de caisse non biodégradables sur le territoire français à partir du 1er janvier 2010, les distributeurs suppriment peu à peu ces sacs. Ainsi, si dans certains cas, quelques résistances de consommateurs existent, près de 90% approuvent ce dispositif,  près de 70% « jouant le jeu ».

- Leviers incitatifs et financiers, effets pervers, difficultés d’application : un financement à revoir

FNE a évoqué la nécessité de mettre en place des leviers financiers incitatifs, en apportant des modifications au dispositif prévu fin 2004 pour la redevance proportionnellement à la quantité réelle de déchets produits: tel serait l’objectif en France de cette redevance incitative qui a été mise en place dans une quinzaine de communes françaises avec des résultats probants.
Des études menées à l'étranger (Belgique, Allemagne ou Suisse) et en France montrent que la quantité d’ordures ménagères résiduelles baisse de 15 à 50 %, au profit des quantités de déchets recyclables.
Cependant, la redevance ne solutionne pas tout.
Le compteur de déchets (pesée embarquée, titrage) est un moyen intéressant de contrôler les quantités, mais ne peut se substituer à une véritable politique. La pesée peut s’avérer être un moyen contre-productif voire contre-pédagogique favorisant parfois des comportements « tricheurs », même si ces derniers demeurent très marginaux et on tendance à s’estomper dans la durée.
Autre effet pervers : le tri, toujours préférable à l’incinération ou l’enfouissement, ne doit pas pour autant favorise une augmentation permanente des tonnages de résidus triés, car le tri a un coût pour l’environnement et pour les finances publiques.
Il a été évoqué, par ailleurs, l’aspect particulier d’une telle mesure sur le plan politique et social. 
En effet, le passage de la taxe à la redevance incitative relèverait d’un courage politique fort de la part des élus: la redevance, rendant le prix de la gestion des déchets visible par l'usager, devra réclamer beaucoup d’explications de la part des collectivités qui devrant être claires envers leurs contribuables sur la réalité des coûts et leurs motivations.
C’est pourquoi, il serait opportun que l’Etat puisse assumer lui-même cette responsabilité par la loi comme cela a été fait en Irlande. Le conseiller de l’Elysée a rappelé que le futur projet de loi de finances pourrait permettre  de modifier le dispositif actuel en rendant la REOM plus attractive pour les élus locaux détenant la compétence.

- Agir en amont, au niveau de la production des déchets

Le débat a porté sur la « réduction à la source ». Si la redevance incitative consitue un outil intéressant pour responsabiliser le consommateur, il importe de responsabiliser également les producteurs. Il existe un besoin fondamental de législation et de réglementation au niveau de la production des déchets sur le principe du « pollueur- payeur», dans une logique de responsabilisation du producteur de déchets. 
Il a été rappelé que la directive européenne à venir fixait de nouveaux objectifs en matière de  prévention des déchets (obligation de plans de prévention dans le projet de directive Cadre présenté début 2006 par la Commission), de taux de recyclage.

Deux lois de finances 2006 devant être votées d’ici la fin de l’année, le conseiller de l’Elysée s’est dit prêt à recevoir des propositions qui pourraient être mises en œuvre au plus vite.

1ere proposition: dans la perspective d’une redevance incitative, pouvoir compléter les produits de la redevance par un recours à un budget annexe permettrait de dissocier l’ensemble des coûts. Le principe de la redevance prendrait en compte également les déchets triés mais en les facturant, à quantité égale, à un moindre coût.

2ème proposition: la notion d ’éco-conception – facteur important dans la réduction des déchets à la source – doit être valorisée et promue, comme le recommande l’ADEME. il sera donc nécessaire de lancer en septembre 2007 un grand débat national comme en 1975 et 1992, afin de responsabiliser, par la loi, les producteurs de déchets.

3ème proposition: un enjeu futur alarmant concerne la pénurie à venir des exutoires, due à l’obligation réglementaire pour les départements de traiter au niveau local en limitant les transferts de déchets. Le tri permet de laisser de moindres quantités à l’enfouissement. Pour autant, l’attention a été attirée sur le fait qu’il faut proposer des alternatives à l’incinération et à l’enfouissement, et convaincre collectivités et associations d’installer des centres de méthanisation et de compostage . Cependant le compost issu d’OM brutes n’étant souvent pas actuellement de qualité suffisante, il devra être fait en « mélange », ce processus ne dispensant pas de filière de traitement en aval. Dans cet objectif, doit être poursuivi le développement de la recherche et de l’innovation technologique.

4ème proposition: un consensus a été établi autour de deux objectifs complémentaires : 1) la nécessité d’étendre la compensation offerte aux collectivités qui accueillent des usines d’incinération, aux usines de méthanisation et aux centres de tri, avec des plafonds de taxation adaptés. Le CNIID, qui a soumis ce projet, doit faire parvenir une proposition détaillée au conseiller de l’Elysée en précisant l’article de loi à changer. 2) la mise en place en parallèle d’une subvention pour les communes qui limitent leurs déchets résiduels non recyclés, pour agir en amont.

Pour conclure, il a été rappelé qu’il existe des possibilités de poursuites pénales en matière d’environnement depuis août 2005 et qu’un Office central de répression placé auprès de la gendarmerie nationale a été créé en 2004. Le cadre réglementaire et pénal est donc tout à fait opérationnel mais il peut encore - bien sûr- être amélioré.

 

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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 10:38

 

Fin janvier , à l'occasion de la loi sur les Parcs nationaux, France Ecologie organisait à l'Elysée une réunion de travail qui avait pour objectif d'examiner les derniers points pouvant encore présenter quelques risques pour l'avenir et la préservation des parcs nationaux .
Bien sûr le parc de Guyane faisait partie de ces préoccupations. Aujourd'hui , France Ecologie se réjouit que ce Parc soit sur la bonne voie

"Le parc national de Guyane va enfin voir le jour
Caroline de Malet .
Publié le 06 septembre 2006 LE FIGARO

Le projet prend en compte la spécificité des coutumes des Amérindiens, mais ne résout pas le problème de l'orpaillage.
 
DEPUIS quinze ans que l'idée d'un parc national en Guyane a été lancée au sommet de la Terre à Rio, personne n'osait encore y croire. Pourtant, le projet de Parc amazonien de Guyane, rejeté en 1998 par les élus guyanais avant d'être relancé en 2003, est sur le point de voir le jour.
 
A partir du 20 septembre, il va être soumis à enquête publique pendant un mois, en vue de sa création à la fin de l'année ou au plus tard début 2007. Couvrant une surface de 3,39 millions d'hectares, soit plus du tiers de la Guyane, ce parc «ne s'arrête pas à une simple volonté de protéger le milieu, précise le projet. Il (...) propose une politique de développement adaptée au Sud».
 
En dépit de trois années de concertation sur le sujet, les Guyanais risquent de manifester leur déception par rapport à ce qui leur apparaît comme une occasion ratée de régler le problème de l'orpaillage illégal, qui mine le territoire et ses habitants. «Une fois de plus, l'Etat a joué contre l'environnement et la population guyanaise», lance Benoît Chauvin, délégué outre-mer de Cap 21, le parti de Corinne Lepage. En premier lieu, parce que l'emplacement du parc, au sud d'une ligne coupant la Guyane d'ouest en est, n'est pas jugé le plus opportun par tous : ni par les biologistes, qui jugent la biodiversité plus menacée au nord, ni par ceux qui rêvent d'un écotourisme guyanais, le nord étant plus facile d'accès.
 
Concentrations anormales de mercure
 
Deuxième crainte : «C'est perdu pour les Amérindiens !», redoute Brigitte Wyngaarde, chef coutumier amérindien du village de Balaté, sur le littoral, au nord, à la frontière du Surinam. Car la création du parc national devrait de facto abroger l'arrêté de 1970, qui interdit la libre circulation dans la zone sud de la Guyane, soumise actuellement à autorisation spéciale. «L'accès sera libre pour développer le tourisme et les Amérindiens vont se faire berner», explique-t-elle. Car les revendications territoriales des Indiens d'Amazonie n'ont guère été calmées par le décret de 1987 qui leur confère seulement un droit d'usage sur leurs terres. «Ce parc est une façon pour la France de régler le problème des Amérindiens. On leur promet du développement, mais il n'y aura aucune retombée pour eux. Surtout, n'étant pas propriétaires de leurs terres, ils ne seront pas en mesure de négocier la gestion de l'espace», lance Brigitte Wyngaarde.
 
De nombreux aménagements ont été prévus pour respecter le mode de vie des Amérindiens mais la décision d'autoriser ou non l'orpaillage, qui mine leur vie quotidienne et leur santé, dépendra du bon vouloir de chacune des communes figurant dans le périmètre du parc amazonien. Car conformément au schéma défini par la loi, la zone protégée ne concerne que ce qu'on appelle le «coeur» du parc, soit les deux tiers environ de sa superficie. Ici, point d'activité commerciale, qu'il s'agisse d'exploitation forestière ou minière, même si les activités de subsistance telles que la chasse et la pêche devraient y rester autorisées. Le reste, «zone de libre adhésion», regroupe le périmètre des immenses communes (Maripasoula est la plus grande de France en superficie) qui en font partie. «Chacune d'elles déterminera seule les activités qu'elle juge compatibles avec le respect de l'environnement, précise René-Claude Minidoque, de la Mission pour la création du parc de la Guyane. Nous allons insister sur l'orpaillage «propre».
 
Mais si les Amérindiens de Camopi, à l'est, sont opposés à l'exploitation de l'or jaune, les Noirs marrons de Maripasoula le pratiquent clandestinement à l'extrême ouest, ainsi que des Brésiliens au coeur de la forêt. En attendant, les dégâts sont là, comme l'ont montré plusieurs études de l'Institut de veille sanitaire. Si l'on en croit une étude réalisée par Solidarité Guyane dans trois villages amérindiens du Haut-Maroni à partir de prélèvements de cheveux, les concentrations moyennes de mercure, qui se font principalement par la consommation d'eau des fleuves pollués et de poissons, continuent d'augmenter. En septembre 2005, elles atteignaient 13,1 microgrammes par gramme de cheveu en moyenne, avec des maximales atteignant 25,82 g/g, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe la limite à 10. Certains enfants ont des taux de contamination dix fois supérieurs à la moyenne mondiale.
 
Le parc amazonien de Guyane serait-il passé à côté de sa mission ? «L'orpaillage clandestin relève de la compétence du ministère de l'Intérieur. La centaine d'agents du parc aura un rôle de police administrative, préventive, mais sans répression», répond René-Claude Minidoque. «L'orpaillage est un autre sujet et le ministère de l'Intérieur a, depuis trois ans, renforcé les moyens de lutte contre ces activités illégales, notamment en mettant en place une collaboration entre l'armée et la police», souligne-t-on dans l'entourage de la ministre de l'Ecologie. Peut-être ne faut-il tout simplement pas trop attendre d'un tel projet environnemental, qui n'a pas vocation à régler tous les problèmes de police et de sécurité sanitaire. C'est là que réside toute l'ambiguïté d'un tel parc, sur lequel deux conceptions radicalement différentes de développement durable s'affrontent depuis le début."

 Par ailleurs il est interessant delire ce communiqué

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16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 13:31

 

En cette période de débat - à l'assemblée nationale - sur notre politique énergétique, laissons enfin l'optimisme prendre le pas sur le pessimisme de mise !

Aujourd’hui nous pouvons nous réjouir des avancées faites par notre pays : en effet, contrairement à ce qui est trop souvent dit, la France tire très bien partie de ses atouts environnementaux dans les domaines de l’écologie et du développement durable. Notre pays est maintenant en situation de devenir un leader européen voire mondial en écologie appliquée.
 
Réjouissons nous de voir la France première en Europe pour la production d’énergie renouvelable, devant la Suède et l'Allemagne, grâce à une bonne utilisation de ses importantes ressources hydroélectriques, également première  en Europe pour sa production d’énergie primaire renouvelable d’origine thermique, premier producteur de "bois énergie", grâce à ses immenses  forêts, ainsi que deuxième  producteur en Europe de biocarburants .

Réjouissons nous de voir le réseau des 1750 sites Natura 2000, destiné à protéger les écosystèmes les plus riches, arriver à son achèvement  malgré le retard considérable qui était le sien en 2001 nous exposant, alors, à une condamnation de l’Europe .
 
Réjouissons nous d’un « savoir faire » français unanimement et internationalement reconnu dans le traitement de l’eau et le recyclage des déchets . Ceci pour la grande satisfaction de nos concitoyens qui plébiscitent, lors d'un récent sondage,  la qualité de leur eau à un coût modéré (  environ 2,7€ le m3 en France contre 3€ dans les pays voisins) .

Mais avant tout, rappelons nous que la Charte de l’environnement, adoptée en 2004, grave dans le marbre de la Constitution des principes essentiels comme le droit à un environnement protégé  ne portant pas atteinte à la santé.

Certes, il reste encore du chemin à parcourir, mais sachons reconnaître ces réalités qui nous permettront de poursuivre dans les meilleures conditions les nécessaires et nouveaux progrès à venir. Ces avancées écologiques, qui en l’espace de quelques années, nous ont fait passer d’un immobilisme inquiétant induit par des postures idéologiques nous ouvrent la voie permettant de gagner la future bataille du développement durable.

C'est pourquoi, nos parlementaires doivent toujours avoir à l'esprit, qu'en fonction des décisions prises à l'issue de leurs débats, ils donneront ou non à la France la possibilité de mieux maitriser les grands défis actuels concernant notre vie et celle de la planète.

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 17:15

A l’ initiative de France Ecologie,  déterminée à promouvoir des actions concrètes et efficaces en faveur de l'environnement, une réunion de travail sur le thème des nuisances aériennes  s’est tenue à l’Elysée avec Stéphane DUPRÉ LA TOUR, Conseiller pour l'écologie, les transports, l’aménagement du territoire et l'industrie du Président de la République
 
Avec Isabelle JACONO , présidente de France Ecologie et Dominique JULlEN LABRUYERE , président délégué de France Ecologie, étaient présents le Docteur Simone NÉROME, présidente de l’UFCNA (Union Française Contre les Nuisances des Aéronefs), Odile SALOMÉ et Chantal DEMANDER , présidente et vice-présidente du CCNAAT (Collectif Contre les Nuisances Aériennes de l’Agglomération Toulousaine) , Pierre CABARÉ, vice-président et délégué régional pour Midi-Pyrénées de  FRANCE ECOLOGIE, Dominique LEMOINE, président de CEE (C.Environnement.Economie) et Philippe STRAUSS, représentant la Mission Bruit du Ministère de l’Ecologie (CIDB).
 
Monsieur DUPRÉ LA TOUR a reconnu d’entrée les méfaits du bruit des avions sur la santé (déjà bien documenté dans le Plan Santé Environnement demandé par le Président de la République en 2003) en affirmant que l’on n’est pas ici dans l’application du principe de précaution mais bien d’une nécessaire prévention (article3 de la Charte de l'Environnement) . Il a constaté à l’aide des documents présentés la dégradation des conditions de vie des riverains et a proposé des pistes de travail, demandant à FRANCE ECOLOGIE l’élaboration de projets précis.
 
L'insuffisance des moyens de l'aide à l'insonorisation, a été exposée . La nécessité d'une modification du mode de calcul de la taxe sur le bruit des avions pourrait être envisagée,  dans l'objectif d'une meilleure répartition nationale, en fonction d'une analyse juridique à mener, soit à travers une des prochaines lois de finances soit par un texte réglementaire.
 
Le Collectif a porté à la connaissance de Monsieur DUPRÉ LA TOUR les pratiques en cours concernant les PEB où des maires poursuivent l’urbanisation sous des couloirs aériens en contradiction avec l’esprit de la loi . Le Conseiller s’en est vivement étonné .
 
Concernant un éventuel nouvel aéroport en Midi-Pyrénées, le Conseiller a réentendu l’annonce formulée le Préfet de région, à savoir que les collectivités territoriales  devaient donner leur avis avant l’été sur la réservation de terrains pour accueillir à terme une nouvelle plate-forme, soulignant que celle-ci ne pourrait être crédible qu’assortie d’engagements fermes de réalisation.
 
La création d’un Observatoire du Bruit des Avions, portée par l’UFCNA et le CCNAAT, chargé d’alerter les pouvoirs publics en cas de dépassement des seuils fixés par l’OMS et le Ministère de la Santé, a suscité l’intérêt du Conseiller . Cet organisme, ne doit pas se contenter d'observer,  mais doit s'interpréter comme une agence chargée d’élaborer un véritable plan d’actions pour réduire au maximum ces nuisances, avec une obligation de résultat.
Le Conseiller s'est demandé s'il ne fallait pas la concevoir comme une extension des pouvoirs de l’ACNUSA (Autorité de Contrôle des Nuisances Aéroportuaires).
 
Enfin, le Docteur NÉROME a exposé la démarche initiée par les riverains de Roissy, ADVOCNAR, qui  intente actuellement une procédure contre l’Etat sur les vols de nuit, dont les effets sont une véritable catastrophe sanitaire.
 
Monsieur DUPRÉ LA TOUR s'est dit  prêt à travailler à l’élaboration d’une série de mesures destinées à améliorer le sort des 500 000 personnes de l’Hexagone touchées dans leur santé par le bruit des avions.

Publié par FRANCE ECOLOGIE - dans france-ecologie
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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 17:14
De la grippe espagnole à la grippe aviaire1.

La grippe est une maladie infectieuse, l’une des plus redoutées en ce début de millénaire avec le SIDA. Elle est causée par un virus qui se transmet chez l’homme par voie respiratoire. Les nombreuses modifications de son génome2, qui lui permettent d’échapper au système immunitaire, s’effectuent de manière imprévisible pouvant aboutir à des formes particulièrement graves et très contagieuses. Elle se manifeste le plus souvent sous forme d’une grippe saisonnière banale mais parfois sous forme de pandémies extrêmement meurtrières. L’organisation mondiale de la Santé (OMS) a d’ailleurs annoncé en décembre 2004 l’imminence d’une pandémie grippale pouvant entraîner plus de 120 millions de décès dans le monde. Nous sommes donc en présence d’un envahisseur redoutable pouvant affecter la totalité de notre planète en quelques semaines et provoquer une véritable catastrophe sanitaire. Maladie connue de longue date, les oiseaux sont impliqués dans sa diffusion. Une controverse oppose les virologues et les ornithologues sur le rôle respectif des volailles d’élevage et des oiseaux migrateurs dans la propagation de cette zoonose.

La plupart des maladies infectieuses qui affectent l’homme existent depuis des millénaires ; elles ont d’ailleurs jalonné l’histoire de l’humanité. Une grande partie d’entre elles qui proviennent d’animaux domestiques ou sauvages sont par définition des zoonoses, donc des pathologies d’origine environnementale. Certaines sont d’émergence récente (SIDA et SRAS, ...) mais beaucoup apparaissent ou réapparaissent à la suite de bouleversements des écosystèmes (déforestation, élevage et agriculture intensifs, retenues d’eau artificielles, urbanisation, changement climatique) dont l’homme est le principal responsable. Rares aussi sont les agents infectieux (bactéries, virus, parasites) qui ont définitivement disparu de notre environnement. La variole humaine a été éradiquée de la planète, mais des stocks importants de virus existent, pouvant faire craindre un risque terroriste. Même la peste, qui hante encore l’inconscient humain, n’a pas disparu. Elle sévit encore dans certains pays du sud comme l’Inde et des foyers existent, même aux Etats-unis. Les maladies infectieuses sont responsables de 1% des décès dans les pays développés mais de 43% des décès dans les pays émergents selon l’OMS.

L’agent causal de la grippe est un virus à ARN3 qui fait partie de la famille des Orthomyxoviridae4, genre Influenzavirus. Il peut infecter les porcs, les chevaux, les oiseaux aquatiques et de basse-cour, les mammifères marins, les félidés, les mustélidés et l’homme. La forme humaine typique se caractérise par un début brusque, marqué par une sensation de malaise général, de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires. Les complications sont le plus souvent pulmonaires (bronchites, pneumonies) mais peuvent se manifester plus rarement par des encéphalites, méningites, ou myocardites. La grippe saisonnière hivernale provoque en moyenne de 3 000 à 10 000 décès annuels en France. Chaque année, un vaccin est produit pour la combattre, notamment chez les personnes fragiles ou âgées.

Les virus (du latin poison) ne sont pas des êtres vivants, ou plutôt sont à la limite du vivant et de l’inerte. Ils sont de très petite taille, souvent inférieure au dixième de micron et seulement visibles au microscope électronique. Ils ne comportent pas de noyau et ne contiennent qu’une seule sorte d’acide nucléique : ADN5 ou ARN, ce qui les différencie des bactéries. Ils n’ont pas de métabolisme propre et doivent utiliser la machinerie cellulaire de leurs hôtes (bactéries, plantes, insectes, animaux et homme) pour se reproduire. Ce sont donc des parasites absolus. Leur action consiste à envahir les cellules, perturber leur fonctionnement en déréglant leur messagerie génétique à leur profit.

Les virus à ARN (grippe, SIDA, SRAS, dengue, fièvre jaune,...) se différencient des virus à ADN (Herpès, variole, hépatite B,...) par le fait qu’ils ne possèdent pas de mécanisme de relecture de leur génome permettant de corriger la plupart des erreurs de codage au cours de leur cycle de multiplication. Cette caractéristique explique en partie les taux très élevés de mutations ponctuelles (glissement antigénique) des virus à ARN. La variabilité génétique de ces derniers ne s’explique pas seulement par leurs potentialités de mutations, mais aussi par des recombinaisons et des réassortiments génétiques (cassure) entre différentes souches. Cette variabilité génétique favorise l’existence des virus, car elle permet de contourner les défenses immunitaires de l’hôte.

Les pandémies de grippe sont des épidémies qui se répandent dans le monde entier en provoquant des maladies graves en raison du fait qu’un virus nouveau, trouve devant lui une population réceptive (absence d’immunité). On estime que durant chaque siècle deux à trois pandémies de grippe peuvent apparaître, chacune se déroulant parfois en deux ou trois vagues. Les trois pandémies grippales du XXème siècle (1918-1919, 1957 et 1968) ont été causées par des virus recombinants d’origine aviaire.

La grippe est due à plusieurs types de virus (A, B et C) et à de nombreux sous-types correspondant aux variations des protéines de surface : les hémagglutinines (H1 à H16)6 et les neuraminidases (N1 à N9)7. Ce sont les virus de type A qui sont responsables des infections les plus sévères. La pandémie de 1918-1919, dite grippe espagnole de sous-type A(H1N1) aurait décimé de 1 à 2% de la population mondiale (20 à 40 millions de morts suivant les sources mais certains historiens avancent le nombre de 100 millions). Deux autres pandémies moins sévères que celle de 1918-1919 sont survenues au XXème siècle. L’une dite grippe asiatique et de sous-type A(H2N2) a pris naissance en Chine en 1957 ; l’autre dite grippe de Hong Kong, de sous-type A(H3N2), qui est survenue en 1968 alors que l’on pouvait combattre les complications, notamment pulmonaires, grâce à un arsenal d’antibiotiques efficaces, a causé plus de 18 000 décès en France. La grippe espagnole a marqué les esprits par sa soudaineté, la rapidité de diffusion du virus et la crainte d’une nouvelle pandémie virale de même intensité qui pourrait résulter de l’émergence d’un virus nouveau.

Le contexte écologique actuel est très différent de celui de 1918 : démographie mondiale (moins de deux milliards d’êtres humains en 1918 et plus de six et demi actuellement) et forte proportion de personnes vivant en milieu urbain (plus d’un humain sur deux se presse maintenant dans une ville). Les agglomérations de plus d’un million d’habitants étaient peu nombreuses au début du XXème siècle (16 en 1900 contre 408 en 2003). Les transports aériens n’existaient pratiquement pas à cette époque ; les migrations de populations vers des lieux de pèlerinages, de culture, de vacances ou de loisirs (stations balnéaires, festivals divers où la promiscuité est de règle) étaient alors nettement moins massives que maintenant en raison de l’insuffisance des moyens de transport).

Les virus A et B de la grippe possèdent un génome comportant huit segments d’ARN. Lorsque deux virus grippaux différents infectent un même hôte susceptible de les héberger (porc, oiseau ou homme), il peut se produire un mélange des différents segments au cours du cycle de réplication de la particule virale (ou virion). La résultante de ce mélange possèdera, elle aussi, un génome segmenté mais avec huit fragments en provenance des deux virus présents chez l’hôte. Par ce mécanisme de co-infection et de réassortiment, un virus totalement nouveau pour le système immunitaire, peut faire son apparition dans l’environnement.

La transmission d’homme à homme du virus s’effectue principalement par voie respiratoire sous la forme d’un aérosol contaminé produit par la toux ou les éternuements. Il n’en est pas de même chez les oiseaux ; le virus se développe non seulement dans l’appareil respiratoire mais aussi dans leur tractus digestif. La dissémination de la maladie aviaire est alors assurée par les sécrétions nasales et les fientes qui contaminent les plumes ainsi que les litières.

Les véritables réservoirs du virus de la grippe sont les oiseaux aquatiques migrateurs parmi lesquels les oies et les canards sauvages qui peuvent être porteurs sains. Le scénario d’émergence d’une pandémie grippale d’origine aviaire faisant du porc un véritable carrefour épidémiologique est le suivant : les déjections contaminées des oiseaux aquatiques sauvages souillent les aliments des canards ou autres oiseaux d’élevage dont les fientes infectent les porcs qui sont réceptifs aux virus grippaux à la fois humains et aviaires. Chez le porc peuvent s’opérer les modifications du génome viral par un processus de réassortiment entre virus humains et aviaires rendant possible transmission de la maladie d’homme à homme. L’émergence d’une épidémie de grippe est favorisée lorsqu’il y a, par exemple, promiscuité entre les porcs et les oiseaux d’élevage avec une densité humaine élevée. Cette condition est remplie en Asie où existent des élevages souvent juxtaposés combinant les deux espèces. Les conditions d’élevage en Bretagne et aux Pays-Bas où les productions industrielles de volailles et de porcs sont concentrées sur des territoires restreints pourraient aussi favoriser, certes à un degré bien moindre qu’en Asie, l’apparition de nouvelles épidémies de grippe. Depuis que les volailles peuvent transmettre directement le virus H5N1 à l’homme, phénomène qui a été observé pour la première fois à Hong Kong en 1997, ce dernier devient un acteur possible, peut-être même le principal, de l’ « humanisation » d’un virus aviaire et de l’émergence d’une pandémie.

L’infection d’une espèce (homme ou animal) nécessite la fixation du virus grippal, par l’intermédiaire de son hémagglutinine, sur des récepteurs spécifiques (glucides complexes) situés à la surface des cellules de l’appareil respiratoire. Les récepteurs aviaires sont différents des récepteurs humains, ce qui explique le fait que la grippe des oiseaux d’élevage n’est pas habituellement transmissible à l’homme. L’« humanisation » du virus aviaire peut s’opérer grâce aux nombreuses possibilités de mutations qui aboutissent à la modification de la structure de ses protéines, en particulier de l’hémagglutinine.

De nombreux virus sont responsables des différentes épizooties (épidémies animales) de grippe aviaire particulièrement dévastatrices apparues dans un passé récent. En 1993-96, les élevages mexicains ont été durement touchés par un virus répondant au sous-type A(H5N2) ; en 1999-2002, ce fut au tour de l’Italie de se trouver confrontée à des agents dont les formules antigéniques étaient A(H7N1) et A(H7N3). Pour clore cette liste très incomplète, nous citerons le cas des Pays-Bas qui, en 2003, ont vu leurs élevages de volailles décimés par le virus A(H7N7). La contamination de ces volailles résultait de la transmission de virus faiblement pathogènes transportés par des oiseaux sauvages. Les virus qui contaminaient les espèces domestiques ont ensuite évolué vers des formes particulièrement agressives provoquant de véritables hécatombes. Décrite pour la première fois en 1878 en Italie chez des poulets, la grippe, n’est pas une pathologie émergente et l’épizootie actuelle due au virus A(H5N1) reste encore une maladie animale difficilement transmissible à l’homme.

Le virus A(H5N1), qui a émergé en 1996, aurait évolué progressivement vers une forme pathogène même pour certains oiseaux aquatiques sauvages qui étaient auparavant réputés insensibles aux virus de la grippe. La virulence extrême du virus A(H5N1) s’explique en partie par la modification du site de clivage (coupure) de son hémagglutinine. Pour être active, cette protéine de surface doit être clivée en deux fragments protidiques sous l’action d’enzymes présentes dans l’appareil respiratoire. L’insertion d’acides aminés basiques comme la lysine et l’arginine sur le site de clivage de l’hémagglutinine rend le virus apte à infecter, outre l’appareil respiratoire, de nombreux autres organes. Les conditions pour que se produise une infection virale généralisée chez les oiseaux sont alors réalisées. Autre découverte : la présence du gène codant pour une autre protéine du virus A(H5N1) de la grippe aviaire et nommée NS1 pourrait aussi expliquer la pathogénicité du virus actuel. Cette protéine bloque l’action de l’interféron que produit l’organisme humain pour se défendre contre l’infection virale. Cette particularité du A(H5N1), aurait été mise en évidence dans le A(H1N1) de la grippe espagnole de 1918-19.

La situation au 12 mai 2006 peut se caractériser par le fait que l’on est en présence d’une situation enzootique8 inédite pour les oiseaux domestiques et sauvages dont le virus A(H5N1) est le responsable dans de nombreux pays, surtout en Asie. Malgré toutes les mesures qui ont été prises (plus de 150 millions de volailles détruites), la propagation de l’épizootie n’a pu être enrayée. A cette date, des oiseaux sauvages ou d’élevage auraient été victimes du virus dans 54 pays, dont certains sur le continent africain. Quelques cas limités de transmission d’oiseaux vers l’homme ont aussi été être observés, mais aucune transmission interhumaine faisant craindre l’émergence rapide d’une pandémie n’a été documentée. Cela ne signifie nullement que le risque n’existe pas à partir du virus A(H5N1) adapté à l’homme ou de tout autre agent grippal « humanisé » encore inconnu produit chez la porc ou chez l’homme. Selon l’OMS, le nombre de cas humains de grippe A(H5N1) confirmés biologiquement de janvier 2004 au 11 mai 2006 s’élèverait à 208. Ils auraient entraîné 115 décès ; depuis le début de l’année 2006, 63 cas et 39 décès ont été dénombrés. Le niveau d’alerte pandémique se situe actuellement à la phase 3 sur les six que comporte le plan de l’OMS.

En France, la contamination d’un élevage de dindes à Versailleux (Ain), confirmée le 24 février 2006, n’a pas eu de conséquence sur l’élevage avicole français en raison d’une gestion rigoureuse de la crise. Bien évidemment, il est strictement interdit d’importer vers notre pays des volailles ou des produits dérivés (œufs et plumes) en provenance de pays où une contamination a été observée. La consommation d’animaux ou d’oeufs mis à la disposition des consommateurs français ne présente donc pas de risque sanitaire, d’autant plus que la cuisson à cœur de la volaille détruit le virus grippal.

Le rôle prédominant des oiseaux migrateurs dans la propagation du virus A(H5N1) de la grippe aviaire est sérieusement remis en cause par les ornithologues et naturalistes. Pour ces derniers, la faune sauvage s’infecterait occasionnellement au contact des volailles domestiques et sa contribution ne serait que marginale dans la diffusion de la maladie. Ils mettent plus en cause les élevages industriels ainsi que le commerce et le transport des volailles vivantes y compris les « poussins d’un jour » destinés aux grandes installations où les animaux sont confinés. Leurs arguments ne manquent pas de pertinence. Un exemple : l’Australie et la Nouvelle-Zélande, lieux d’hivernage de certaines espèces qui survolent l’Asie, sont restées indemnes. De même au Nigeria, la contamination d’un important élevage industriel de volailles ne s’est pas accompagnée de la présence d’oiseaux sauvages porteurs du virus A(H5N1).

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a annoncé le 11 avril 2006 à Nairobi (Kenya) que la disparition progressive des zones humides naturelles pourrait contribuer à la propagation de l’épizootie. La réduction de ces habitats essentiels pour les oiseaux migrateurs sauvages les conduit à entrer fréquemment en contact avec les volailles domestiques dans les rizières ou les étangs de villages, augmentant de ce fait les risques de transmission du virus. Le PNUE recommande aussi de déplacer les élevages industriels avicoles en dehors des grandes voies de migration des oiseaux sauvages. Encore un exemple du lien étroit qui existe entre la santé humaine ou animale et l’environnement.

L’exemple récent du SRAS permet de visualiser la dynamique d’une épidémie. Bien que la contagiosité du SRAS soit plus faible que celle de la grippe ordinaire, environ 8500 cas ont été observés dans 32 pays, causant 916 décès (21% dans le personnel de santé). Une catastrophe sanitaire a été évitée de justesse, grâce à l’efficacité du réseau de surveillance de l’OMS. Contre cette infection pulmonaire, due à un coronavirus9, on ne dispose pas de traitement ni de vaccin disponible dans le commerce au début de 2006. Le réservoir du virus n’est pas parfaitement connu, bien que la civette puis la chauve-souris (rhinolophe) aient été citées. Le premier cas de SRAS est apparu en Chine, à proximité de Canton vers la mi-novembre 2002. Quelques mois plus tard, la maladie a gagné Hong Kong pour se répartir en divers endroits du monde (Hanoi, Toronto, Singapour,....), mettant à profit la rapidité des transports aériens. L’alerte mondiale était déclenchée par l’OMS le 12 mars 2003. Les moyens mis ensuite en oeuvre (mesures d’isolement des malades et restriction des voyages) pour éviter une pandémie de SRAS (qui peut toujours ressurgir), constituent une bonne répétition des mesures à prendre en cas d’émergence d’une pandémie de grippe résultant de l’apparition d’un virus recombinant. Mais dans ce dernier cas, ce pourrait être une toute autre affaire !

En théorie, il existe des moyens pour prévenir l’émergence d’une pandémie grippale humaine de type A(H5N1). La stratégie mise en oeuvre actuellement consiste en premier lieu à détruire la totalité des élevages dans lesquels des animaux atteints ont été observés afin d’éviter l’ « humanisation » du virus. Cette mesure étant associée à une désinfection totale des bâtiments et la mise en place d’une barrière sanitaire. Cette stratégie, lorsqu’elle est mise en oeuvre, se traduit localement par un désastre économique et alimentaire. Pour certaines populations vivant dans des conditions de grande précarité et à la limite de la sous-nutrition, la consommation de protéines de bonne qualité (oeufs et viande de volailles) est essentielle, notamment pour les enfants et adolescents. La tentation est grande de dissimuler une mortalité anormale dans un élevage d’animaux destinés à la vente ou même à la consommation familiale.

La vaccination des volailles est sujette à controverses entre experts en raison des résultats inconstants obtenus dans un passé récent. De plus, elle pourrait n’assurer qu’une protection clinique sans garantie sur l’aspect épidémiologique. En effet, selon certains auteurs, le vaccin n’empêcherait pas la circulation du virus et pourrait même favoriser son évolution. Cependant, une conférence internationale, à l’initiative de l’OMS, de l’OIE et de la FAO qui s’est tenue en juillet 2005, avec pour objectif de recommander des mesures à prendre pour prévenir la propagation du virus, a mis l’accent sur la nécessité d’élever séparément les différentes espèces animales (volailles et porcs notamment) et aussi d’entreprendre de vastes campagnes de vaccination des oiseaux d’élevage. A la suite d’une saisine des ministères chargés de la santé et de l’agriculture, l’AFSSA a rendu un avis le 16 février 2006 dans lequel elle recommandait le confinement des élevages et la vaccination des volailles lorsque le confinement n’est pas réalisable. Le 11 mai 2006, cette même agence a préconisé la levée des mesures de confinement des volailles partout en France sauf dans les Dombes (Ain).

L’éradication de la totalité des élevages contaminés risque de ne pas suffire à éviter à terme l’apparition d’un virus hautement contagieux pour l’Homme. Les mesures prises localement permettront tout au plus de gagner du temps et permettre aux chercheurs de perfectionner les moyens biologiques de lutte contre ce virus (antiviraux, vaccins, mesures sanitaires locales, vaccination contre le pneumocoque pour les populations à risque). Il faut savoir que pour fabriquer un vaccin, il faut avant tout isoler et identifier le virus contre lequel ce moyen de lutte sera dirigé. Il est possible de préparer dès maintenant une souche vaccinale prototype qui permettra de gagner un temps précieux en vue de l’obtention du vaccin pandémique. Tous les vaccins actuels contre la grippe sont produits par inoculation de virus sur oeufs embryonnés ; pour préparer le vaccin à grande échelle, il a été nécessaire de mettre au point une technique utilisant les outils de la biologie moléculaire, permettant la culture sur oeufs car le virus A(H5N1) les détruit. De même, rien ne prouve que ce virus tant redouté ne sera pas résistant aux antiviraux dont on dispose actuellement (zanamivir ou Relenza et oseltamivir ou Tamiflu).

L’émergence des virus pandémiques totalement nouveaux et parfaitement adaptés à l’homme en 1959 et 1968 s’est traduite par des infections de sévérité modérée. Il est permis d’espérer qu’il en sera de même pour la première pandémie grippale du XXIe siècle lorsque cette dernière apparaîtra. Ce qui vient tempérer cette note optimiste, c’est l’agressivité de la souche A(H5N1) qui, par ses caractéristiques biologiques (évoquées plus haut) et une mortalité supérieure à 50% chez l’homme, la rend comparable à la souche A(H1N1) de 1918-1919. Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de prévoir si l’adaptation à l’homme du virus aviaire aurait pour conséquence une atténuation de sa virulence.

L’émergence à grande échelle du SIDA s’est effectuée à la fin de 1980 et le VIH-1 identifié en 1983. Les premiers cas de SRAS connus remontent à la mi-novembre 2002 et le coronavirus qui en est responsable a été isolé et identifié quelques mois plus tard. Dans le cas de la grippe « aviaire », les scientifiques, médecins et experts sont prêts à y faire face alors que le virus pandémique n’a pas encore montré le bout de son nez. Autrement dit, on redoute une pandémie grippale dont on soupçonne le responsable mais dont le code barre de sa carte d’identité comporte des inconnues. Encore faudrait-il vouloir et pouvoir produire un vaccin efficace pour plus de six milliards d’humains sachant que le virus A(H5N1) détruit les volailles qui produisent les oeufs servant à la préparation du vaccin.

Comme il faudra plusieurs mois entre l’éventuelle émergence du virus humain hautement contagieux et l’obtention à grande échelle d’un vaccin efficace, il sera urgent de prendre des mesures de protection des populations. Des mesures draconiennes et impopulaires à n’en pas douter basées sur l’isolement des personnes contaminées ainsi que de leur entourage. Mesures qu’il sera difficile mais impératif d’expliquer. Devant le risque de transmission, chacun devra éviter de se rendre dans des lieux rassemblant un nombre élevé de personnes sans porter un masque efficace (FFP2) aussi longtemps que le risque de contagion existera. Les conséquences sociales pourraient être considérables : fermeture des frontières, fermeture des crèches, écoles, universités, lieux de culte, salles de spectacles ; interdiction des rencontres sportives et autres rassemblements de personnes dans des espaces clos. Les transports en commun seraient inutilisables, ce qui implique que dans les villes où la circulation des automobiles particulières a été drastiquement entravée, le problème des transports individuels se posera. Le maintien des malades à domicile sera inévitable en raison du nombre limité des lits d’hôpitaux. L’hôpital public pourrait-il d’ailleurs faire face à un afflux massif de patients qu’il serait impossible de maintenir à leur domicile? Mais le pire n’est jamais certain.

Tous les pays frappés par la pandémie, si celle-ci est hautement agressive, seront confrontés à de multiples difficultés en raison du nombre de personnes malades ou indisponibles. Il sera bien évidemment nécessaire d’organiser la continuité des états ainsi que de la vie sociale et économique dans un contexte dégradé. Par exemple, les soins aux personnes, l’approvisionnement indispensable ou l’ordre public devront être assurés pendant toute la phase aiguë de la vague épidémique. Le comportement des populations sera la grande inconnue devant une telle situation de crise où la solidarité devra jouer un rôle fondamental. La mise en œuvre de tous les moyens appropriés pour réduire le nombre de personnes malades au même moment permettra de limiter les conséquences socio-économiques de la pandémie dans les pays concernés. Le rôle de l’OMS sera primordial pour coordonner les différentes actions au niveau international.

On peut saluer en France, l’existence d’un plan gouvernemental de lutte contre la pandémie grippale d'origine aviaire (consultable sur Internet) et les mesures qui ont été prises (achat massif d’antiviraux et de masques). Le fait que les politiques français aient communiqué sur ce sujet est assez inhabituel en présence d’un dossier sanitaire difficile. L’information du public a eu pour conséquence la réduction de la consommation de volailles, réaction totalement irrationnelle. Il faut aussi noter que la France dispose d’un potentiel considérable de production de vaccins (Aventis-Pasteur), dont plus de la moitié est exportée. Le gouvernement français a déjà réservé 20 millions de doses du vaccin pandémique lorsque celui-ci sera produit.

Mais revenons sur le cas du SRAS. Entre les premiers cas décelés en automne 2002 près de Canton et l’alerte lancée au printemps 2003 par l’OMS, plusieurs mois se sont écoulés sans que les autorités chinoises aient réagi. Il est vrai que les symptômes respiratoires observés n’orientaient pas vers un agent causal précis. Si ce dernier avait été aussi transmissible que le virus de la grippe, les quelques mois de répit qui lui ont été involontairement accordés pour s’implanter dans la population chinoise auraient permis à une pandémie extrêmement meurtrière de se développer. On a donc bien frisé la catastrophe.

Une pandémie grippale dramatique serait-elle inéluctable ? Personne n’est en mesure d’affirmer si et quand elle apparaîtra et avec quel degré de gravité, en raison du caractère imprévisible du virus. Son ampleur pourrait cependant être réduite si des mesures strictes étaient prises au niveau international, et notamment dans les pays asiatiques, là où sa probabilité d’émergence est la plus élevée. Certains de ces pays possèdent des infrastructures très fragiles en matière sanitaire. Si un virus grippal nouveau devait apparaître, le moindre retard pour alerter les autorités sanitaires et prendre les mesures appropriées pour contenir l’épidémie dans sa région d’émergence pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’ensemble de l’humanité. Chaque minute comptera. Double.


Pour France Ecologie Claude CHAMPREDON - mai 2006.


Documents et principaux sites consultés.

La guerre contre les virus. Jean-François SALUZZO. Ed. Plon. 2002.
Des hommes et des germes. Jean-François SALUZZO. Ed. Presses Universitaires de France 2004.
Le mystère des épidémies. Dr François RODHAIN & Dr Jean-François SALUZZO. Ed. Pasteur 2005.
Pandémie – La grande menace. Prof. Jean-Philippe DERENNE & Prof François BRICAIRE. Ed. Fayard 2005.
Grippe aviaire - Sommes-nous prêts ?. Jean-François SALUZZO & et Catherine LACROIX-GERDIL. Préface de Didier HOUSSIN. Ed Belin ? Pour la Science 2005.
Quid 2006.
Science et Vie. Hors série n°193. 1995.
Science et Vie n°1049. 2005.
Science Revue. n°25. 2006.
La Recherche n°385. 2005.
La Recherche n° 393. 2006.
INRA mensuel n°123. Les zoonoses. 2005.
Encyclopaedia Universalis v11. 2006.
Plan gouvernemental de prévention et de lutte « pandémie grippale » 06 janvier 2006 :
http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe_pandemie/planpandemiegrippale_janvier06.pdf
Institut de veille sanitaire (InVS) :
http://www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_aviaire/
Organisation Mondiale de la Santé :
http://www.who.int/csr/disease/avian_influenza/en/index.html
Institut Pasteur :
http://www.pasteur.fr/actu/presse/documentation/grippe-aviaire.html
Agence française de sécurité sanitaire des aliments :
http://www.afssa.fr/
Organisation mondiale de la santé animale :
http://www.oie.int/eng/en_index.htm
L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture :
http://www.fao.org/ag/againfo/subjects/en/health/diseases-cards/avian.html
Rapport parlementaire. Tome I : Menace de pandémie grippale : préparer les moyens médicaux. 13 avril 2006 :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2833-tI.asp
Rapport parlementaire. Tome II : Le H5N1 : une menace durable pour la santé animale. 13 avril 2006 :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2833-tII.asp


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1 Version actualisée (mai 2006) d’une première rédaction terminée en décembre 2005.
2 Constitué d’ADN ou d’ARN, il contient toute l’information nécessaire à la construction et au fonctionnement d’un être vivant.
3 Acide ribonucléique. Les ARN copient l’information génétique et la traduisent en protéines. Chez certains virus (grippe, ...) l’ARN est à la fois support de l’information génétique et le messager de cette information dans les cellules de l’hôte.
4 Ce groupe comprend essentiellement les virus des différentes grippes.
5 Acide désoxyribonucléique. C’est le support de l’information génétique.

6 Protéine de surface qui permet au virus de se fixer sur les cellules qu’il infecte. Elle est le principal antigène reconnu par le système immunitaire.

7 Protéine de surface qui favorise la diffusion des particules virales dans l’organisme infecté. Les médicaments utilisés contre les virus de la grippe sont des inhibiteurs de l’action de cette protéine.

8 Caractère épidémique d’une maladie concernant une ou plusieurs espèces d'animaux et qui sévit de manière constante dans une zone géographique précise.
9 Les Coronavirus (en forme de couronne) sont des virus à ARN qui infectent les oiseaux et beaucoup de mammifères, y compris les humains. Ils sont surtout responsables de pathologies respiratoires ou digestives.

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20 avril 2006 4 20 /04 /avril /2006 17:20

Dominique Julien Labruyère, fondateur du parc naturel et président délégué de France Ecologie
" l'A12 doit être étudiée portion par portion"

Conscience morale du parc, Dominique Julien-Labruyère refuse l'affrontement entre les pro et les anti-AI2. Il ne s'oppose pas au prolongement de l'autoroute.  Il a obtenu que le Ministère de l'Ecologie défende le site classé et ait son mot à dire sur le prolongement de l'AI2.

Comment jugez-vous les prises de position des uns et des autres à l'heure où le débatpublic se poursuit ?
D'abord je trouve que la politique des calicots est une mauvaise politique.  C'est un retour en arrière par rapport à ce qu'on a toujours voulu éviter depuis 40 ans.  Nous avons toujours voulu éviter l'aspect manichéen qui présenterait des nantis contre la ville.  Nous n'avons pas besoin de cette communication.  La commission du débat public a les moyens de faire sa propre coommunication pour inviter chacun au débat.  En tant qu'élu, j'en suis à mon troisieme mandat, et je pense que l'élu a une responsabilité à tenir.  Il est très mauvais d'arriver avec l'écharpe tricolore pour inciter les gens à entrer en opposition.

Pensez-veos que PA12 menace le parc naturel régional ?
Non.  La meilleure preuve est que l'Al2 est prévue depuis 40 ans
et le parc a 20 ans.  Il va établir sa deuxième charte toujours avec les tracés de l'Al2. Ce n'est pas l'autoraoute A12 qui va tuer le parc.  Car, pour moi, le parc n'est pas une entité mais un outil de protection, rien de plus qu'un outil pour défendre une région que les habitants ont voulu protéger. Il y a quarante-quatre parcs en France mais une seule Vallée de Chevreuse.  Elle survivra quoiqu'il arrive.  Aujourc'Fui nous assistons à une appropria-ion du Parc qui n'est pas la réalité des choses. Aujourd'hui nous assistons à une appropriation du Parc qui n'est pas la réalité des choses.

Vous qui avez créé le Parc et milité à la tête des associations de défense de l'environnement, vous êtes aujourd'hui favorable au prolongement de l'A12 contrairement à  la position affichée par les élus et les associations de la Vallée ?
Depuis 30 ans, je me bats contre ce projet.  Nous-mêmes qui avons créé le Parc, nous devons bien réfléchir car la problématique a changé. On ne peut pas dire, les personnes vont se déplacer autrement.  Il n'est pas bon non plus de relier l'AI2 à d'autres projets auto­routiers.  Al2 et RN10 sont deux axes distincts.  Ce n'est pas l'un qui va remplacer l'autre.  On aura un jour Du l'autre les deux axes structurants.
Les entreprises s'en rendent compte, le transport en voiture reste important, les employés viennent de loin pour venir travailler ici.  L'accès aux gares est impossible comme ici à Versailles-Chantiers.  Pour éviter la RN 10, les personnes sont obligées d'emprunter les routes de la Vallée de Chmeuse.  Il suffit de voir la circulation à Cernay nu à Dampierre.  Les voitures il y en aura toujours.  Il y a d'autres problèmes comme la pollution atmosphérique mais on peut imaginer le développement des biocarburants.  J'ai la culture de la réalité et je pense qu'il ne sert à rien d'être anti-A12.

Après le constat que vous dressez, quelle attitude doivent adopter les protagonistes ?
Jouer un camp contre un autre conduit à un mauvais débat, Personne ne sortira gagnant. Il faut avoir une réflexion sur la réalité et trouver la bonne solution pour les uns et les autres. En tout cas, orienter les décideurs vers la meilleure solution.
La solution ne sera pas dans un tract mais doit ête trouvée au cas par cas.  C'est portion par portion qu'il faut raisonner : là on sort de Bois d'Arcy, à Montigny comment on fera ?  Et au Mesnil, quelle est la solution ? Il faut faire du cousu main et n'oublier personne.

Vous avez rencontré récemment la ministre l'Environnement, nelly Ollin,. Qu'est il ressorti de cette rencontre où l'A12 était à l'ordre du jour?
J'i déjà travaillé avec Nelly Ollin alosqu'elle était conseillère régionale. Le ministre de l'Ecologie m'a affirmé après notre entretien que son ministère serait partie prenante dans la décision à prendre sur Ie prolongement de l'Al2. Des contacts ont été pris avec le Ministère des Transports.  Elle entend jouer son rôle de ministre de l'Ecologie pour protéger la Vallée de Chevreuse et le site classé qui demande la protection la plus forte.  Sur la question de l'aménagement de la RN 10, ses services sont nets: il est diffficitement réalisable car les travaux seraient trop longs et poseraient des problèmes de nuisances. Il y a 30 ans, l'aménagement de la RN 10 aurait été facile. Or, la ville et la circulation sont là. On a raté le coche à l'époque.
Maintenant c'est trop tard, en ne peut pas faire autrement. L'un ne va pas remplacer l'autre.  La transformation de la RN 10 ne se fera qu'après le prolongementde l'Al2 et non le contraire.  Le choix du ministre s'orienterait vers le tracé proche de la RN 10, le 2C.

Les associations et les élus qui militent pour le tracé par le Pommeret vous répondront qu'un tracé urbain est socialement innaceptable.
Je comprends très bien que les habitants se sentent agressés par un tracé en milieu urbain.  Je ne suis pas pour le 2C, ni un tracé complètement urbain.  Dans la famille 2, il y a des solutions qui rognent sur le vallon.
Je suis et je le répète pour des solutions au cas par cas.  La nécessité de trouver ure solution en tranchée entièrement couverte pour Montigny le prouve aujourd'hui.  Je pense aussi profondément que ce Parc a un rôle social.  C'est comme si on décidait de faire passer une autoroute dans un grand parc parisien, de saccager un endroit ou tout le moide vient se ressourcer.

Pensezvous qu'une décision sera prise à l'issue des débats?
Pour l'instart, je ne le crois pas.  Je pense que l'Etat n'a pas les moyens financiers.
Propos recueillis par Philippe Cohen o Lire p 22, la vie du Parc Naturel.

 

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